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Blender pour l'impression 3D

Où imprimer ?

À présent que le fichier est soigné, il est prêt pour la prise en charge par la machine. Quelques services d'impression en ligne apparaissent aujourd'hui, aussi bien sur le web qu'au coin de la rue. 

Sur le web

Les spécialistes

Les incontournables du web marchand sont i.materialise, sculpteo, shapeways et cubify. Il s'agit ici de spécialistes offrant sur le web divers procédés et divers matériaux. La prestation est soignée, il en va de la réputation du "Cloud Printing", l'impression 3D déportée «en nuage» qui repose sur des plate-formes physiques, implantées sur tous les continents. Ces outils en ligne tendent à rendre le processus le moins douloureux possible pour l'usager, et l'expérience agréable. Un transfert de fichier et un calcul de prix selon le matériau et la dimension choisie, et l'affaire sera réglée et livrée sous quelques jours par la Poste, si besoin par transporteur. Les matériaux et les frais de port aidant, ces services sauront d'autant satisfaire l'utilisateur livrant un .stl impeccable car les "ratés" coûtent chers. Les formats supportés sont nombreux et varient selon les sites marchands. Le .stl et le .obj restent toutefois les plus universellement intégrés. Format supportés - http://www.shapeways.com/tutorials/supported-applications?li=nav 

capture d'écran objets différentes couleurs/ différents matériaux.

Les matériaux sont plus ou moins les mêmes au menu des diverses offres commerciales. On retrouve les plastiques blancs ou colorés, et dont les propriétés vous offrirons divers niveaux de finition, l’Alumide, mélange de polyamide et de fines particules d’aluminium permettant d'obtenir des pièces particulièrement résistantes, les cires, par exemple pour les tirages "à la cire fondue" que l'on retrouve souvent en bijouterie, les résines, qui se destinent plus particulièrement aux rendus métallisés ou plaqués de métaux précieux par la suite. Certains vous proposeront aussi de la céramique (par émaillage à chaud d'une pièce imprimée). Il y en a pour tous les goûts et vous devriez pouvoir y trouver votre bonheur. Vous adapterez la résolution de votre modèle en fonction de la destination de l'objet final. Nul besoin de transférer un fichier aux millions de facettes s'il s'agit d'un tirage céramique, qui sera un peu lissé naturellement par le procédé utilisé.

Les généralistes

Sur le même modèle mais plus généraliste, vous trouverez le Néozélandais Ponoko, service de fabrication étendu qui propose, toujours depuis votre clavier et à l'international, découpe & gravure laser, impressions et même prototypage électronique. Son partenariat avec Formulor (DE), Vectorealism (IT) et RazorLab (UK) lui permet d'être présent en Europe, celui avec Sparkfun (US) ajoute au site la possibilité d'intégrer de l'électronique à votre projet. Son rapprochement avec le fabriquant de fraiseuses à commande numérique shopbot élargi encore son offre en proposant une communauté de plus de 600 professionnels capables de réaliser votre demande. L'idée de 100K Garage consiste à vouloir faire circuler des idées plutôt que des objets physiques, réalisés localement. De quoi savoir faire et le faire savoir...

La magie du web offre aussi le service http://www.3dhubs.com/#about. Le principe, dans les grandes lignes, consiste à mettre du temps d'impression sur le marché des utilisateurs. En référençant ses machines, autrui peut louer son service à un tiers, devenant le temps d'une impression, une sorte de mini usine. Ce choix pourrait aussi s'avérer judicieux pour produire rapidement et en quantité une pièce identique, en opérant de manière parallélisée. Imprimantes de tous les pays, unissez-vous !

 L'initiative nord américaine «100K Garages», un réseau décentralisé de professionnels ayant à disposition une fraiseuse numérique (bois principalement), permet d'offrir  <<a decentralized network of shop-bot manufacturers in North America>>.

La longue traîne des objets

En explorant plus avant les sites web suggérés, vous remarquerez que certaines de ces plate-formes jouent pleinement des options ouvertes par le web et proposent aux auteurs de modèles 3D de devenir revendeurs de leur production imprimée. Grâce aux plus abouties de ces plate-formes, s'offre à vous la possibilité de vendre des objets embarquant même de l'électronique. Devrions nous parler d'artisanat à la sauce 2.0 ?

En guise de dessert, le Sugar Lab saura peut être vous satisfaire. Reste à savoir si l'addition est aussi soluble que cette prestation est sucrée ? 

Au coin de la rue

Pour celles et ceux que les nuages rebutent, des solutions pointent le bout du nez dans le monde physique. Depuis quelques temps sont apparus, pour le moins en France, des services d'impression grand public. Auchan, Top Office, et même La Poste testent depuis peu ce service auprès du public. L'offre est certes plus restreinte mais reste à un tarif abordable. Ici aussi, on teste le potentiel d'un marché auprès des consommateurs.

Pour celles et ceux qui voudraient plonger plus avant et comprendre comment tout ceci fonctionne ou simplement pour acquérir un tour de main supplémentaire, rendez-vous est pris :

  • dans les Fablabs, LABoratoires de FABrication souvent associatif et parfois public, mixant le numérique et les savoirs manuels pour le plaisir et la progression de tout un chacun;
  • dans les Makerspaces, Laboratoires parfois associatifs, parfois informels, souvent activiste, où l'improbable peut prendre libre forme et engendrer l'étincelle amusante;
  • dans les Techshops qui devraient prendre place, centres commerciaux de ressources matérielles, où l'abonné peut réaliser des prototypes à la pointe de la technologie.

Quelle que soit la saveur, ces lieux plus ou moins marchands sont autant d'opportunités offertes à celui qui cherche à envisager le numérique et la fabrication autrement.

Il s'agit là avant tout de se réapproprier et de concilier le savoir et le faire, numérique ou pas, l'impression 3D offrant un outil supplémentaire pour explorer cet univers qui s'offre à vous.

Chez soi

Depuis mars 2005 et l'ouverture du blog, le projet RepRap (contraction de "replicating rapid prototyper" que Wikipedia France propose de traduire par «concepteur de réplication rapide») à fait beaucoup de chemin, et surtout beaucoup d'émules.

Initié à l'origine par Adrian Bowyer et l'université de Bath pour étudier l'évolution des machines capables de se répliquer elles mêmes, ce projet Open Source à généré une multitude d'adaptations de la part de sa communauté d'utilisateurs/trices. On trouve en effet aujourd'hui une multitude de variantes, commerciales ou non, plus ou moins abouties, plus ou moins performantes, mais qui toutes répondent à un besoin spécifique. Ces variantes permettent d'envisager l'extrusion 3D sous divers angles. Certaines d'entre elles sont spécialisées dans l'impression grand format (LeBigRep), d'autre sont pliables (Foldarap) pour être facilement transportables, certaines impriment avec du chocolat (Choc-Creator),  du sucre (CandyFab) ou proposent tout simplement une électronique plus avancées que la moyenne (Asimov).

Certaines n'existent pas en kit et ne verront le jour que si vous décidez de les fabriquer à partir des sources et des plans mis à disposition par les concepteurs, ou si un particulier particulièrement enthousiaste se décide à vendre des pièces sur un site web marchand. Malgré le temps consacré à l'achat des divers matériels ainsi qu'à l'assemblage, cette option reste cependant la meilleure façon d'appréhender la richesse de l'impression 3D Open Source et de faire de substantielles économies.

Enfin, certaines machines sont livrées chez vous en kit, d'autres encore vous parviennent prête à l'emploi. Parmi cette multitude, on trouve des projets dont l'objectif est de faciliter la prise en main de ces outils par le grand public, les impatients ou les plus fortunés. Citons parmi les plus connues les exemples de la Makerbot, de l'Ultimaker, du Cube ou encore les prochains modèles Form1 ou Bucanneer. Pour 2 à 3 milles euros selon les versions, les options ou les techniques employées, vous pourrez vous offrir à domicile les services de ces machines clairement orientées vers la facilité d'utilisation.

Concrètement, comment cela se passe-t-il avec sa propre machine ?

Pour illustrer le propos et vous donner un aperçu qui vous permettra de vous situer par rapport à vos besoins, nous détaillerons la procédure complète d'impression sur une suite logicielle.  Repetier et son compagnon Slic3r, un logiciel qui vous permettra de gérer l'importation du .stl, sa conversion en gcode, puis son transfert vers la machine.


Slic3r est un logiciel de création de G-code, il calcule les trajets de la tête d'impression et le débit de plastique.
Vous devez le configurer selon les paramètre de votre machine, la taille de son plateau, le diamètre du filament, le type de plastique etc.
Une fois correctement configuré, il est très simple à utiliser et rapide pour générer du Gcode. Vous n'avez qu'à ouvrir le Stl, cliquer sur "Export G-Code..." et attendre qu'il le génère.

Une fois le G-code produit, vous devez utiliser Repetier (ou un autre logiciel pour contrôler votre machine).

 

Repetier permet de visualiser le chemin créé par Slic3r et l'envoyer à l'imprimante, il gèrera la chaleur de l'imprimante, le déplacement de la tête et le débit du plastique d'après le G-code.

En Conclusion

Sur le fond, il n'y a rien de vraiment neuf sous le soleil. La couche numérique n'apportera rien à votre projet si vous ne respectez pas les formalismes minimaux qui permettent à tous d'échanger des fichiers. Si vous n'y accordez pas un peu de "logique métier", autrement dit. Quel que soit le logiciel et la machine choisie, l'attention apportée à la fois à votre fichier.stl et au paramétrage de vos réglages d'imprimantes, vous ouvrira les portes d'un Eldorado qu'à condition que vous livriez un plan en bonne et due forme à vos interlocuteurs. Comme un architecte livre un plan parfaitement coté à un charpentier, finalement.

Pour ceux qui aime les dernières avancées, nous vous conseillons de suivre l'actualité du projet ambitieux Peachy Printer. Cette imprimante devrait devenir la moins chère du marché car elle n'a aucune électronique embarquée, tout est géré par l'ordinateur sur lequel le boîtier de la Peachy est relié. Son pilote devrait être un simple addon pour Blender.