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OpenStreetMap

Bienvenue dans OpenStreetMap

Comme nous l'avons indiqué plus tôt, les cartes permettent de transmettre une information visuelle de façon claire et rapide. Vous pouvez utiliser des cartes de multiples façons : pour faciliter la prise de décision, pour visualiser des informations géolocalisées, pour vous orienter, ou bien pour décrire où aller et comment y aller.

Traditionnellement, les données cartographiques sont collectées et tenues à jour par des organisations à but lucratif, qu'il s'agisse d'éditeurs privés ou d'entreprises publiques. Bien souvent, l'utilisation de ces cartes est restreinte, et dans certains cas, quand il n'est pas rentable de créer ou de maintenir des cartes, aucune de ces organisations n'édite de cartes.

OpenStreetMap a été créé pour combler ces manques, c'est une carte collaborative à l'échelle mondiale, ouverte, librement modifiable.

Plusieurs acteurs de terrains contribuent à OpenStreetMap dans une visée humanitaire, afin de rassembler des données manquantes dans les cartes traditionnelles. Pour de nombreuses personnes, contribuer à OpenStreetMap est une activité de loisir utile à la société, puisque chacun peut profiter de ses résultats. Contribuer à OpenStreetMap peut aussi se révéler être une manière formidable d'explorer une ville que vous n'aviez jamais visitée auparavant, une façon de mieux connaître des lieux qui vous paraissent familiers, ainsi qu'un moyen de connaître sur le bout des doigts tous ces endroits auxquels vous tenez tant, toujours avec cet alibi de la collecte d'information ! De plus, cette collecte d'information géographique à pied et à vélo est une activité physique à part entière, c'est une bonne raison d'aller faire un tour au-dehors.

Voici quelques possibilités que nous souhaitons vous présenter, qui vous donneront à coup sûr des idées qui rendront cette information géographique intéressante pour vous et pour votre entourage.

Des cyclistes qui partagent leurs données, leurs trajets ou leurs vélos

Votre vélo est réglé aux petits oignons, vous êtes prêts pour votre virée. Les données OpenStreetMap vous permettent de préparer votre itinéraire à pied, à cheval ou sur vos deux-roues, en vous aidant à choisir entre le trajet plat pour la ballade, le plus vallonné, brûleur de calories, le plus sûr, le plus calme ou le plus rapide, selon vos besoins. Tout le monde peut visualiser la carte OpenStreetMap à l’adresse officielle du projet (http://openstreetmap.fr pour la communauté française).

Opencyclemap (http://www.opencyclemap.org) est une réalisation portée par les fans de vélo, d'éco-mobilité en général, de cartographie et d'information. Comme son nom l'indique, c'est une carte réalisée par et pour les cyclistes, libre et ouverte. Elle est basée sur OpenStreetMap et rassemble les pistes cyclables nationale ou urbaines ainsi que toute sorte d'information utile aux cyclistes. Pour l'instant son interface d'édition est principalement anglophone mais cela ne devrait pas excessivement compliquer l'usage de la plateforme.

Géovélo (www.geovelo.fr) est un site web et une application smartphone qui met à profit les données OpenStreetMap pour les grandes villes françaises. Les cartes sont conçues par des cyclistes et spécialement pour les cyclistes. Elles incluent des détails comme les parkings et les ateliers de réparation de vélo sur l'itinéraire, mais aussi des voies de liaison qui seraient probablement introuvables sur d'autres cartes. Géovélo propose typiquement trois itinéraires selon un compromis entre distance et sécurité. Il est possible de choisir la route la plus calme pour se balader pour le plaisir ou rechercher une route sûre pour pédaler avec ses enfants. La route rapide est faite pour les cyclistes confirmés, mais là encore donne un itinéraire rue par rue. Bien entendu, un choix médian reste possible, un équilibre entre le calme, la flânerie et des passages plus techniques qui nécessiteront la maîtrise des changements de files et les virages serrés.

Pour tout cela, imprimer la feuille de route ou emporter la dans un smartphone et se laisser guider.

Bikeshare est un service web qui utilise les données OpenStreetMap pour faciliter l'emprunt d'un vélo, son utilisation pendant une certaine durée, puis sa restitution afin que d'autres abonnés au service puissent l'utiliser. Le site a été conçu pour de nombreuses villes ; par exemple, le site de Bruxelles, qui se trouve ici http://bikes.oobrien.com/?city=brussels, vous montre les stations de vélos et la présence effective de bicyclettes à un emplacement donné.


En superposant les informations cartographiques avec l'emplacement des vélos, le site donne aux utilisateurs l'accès aux vélos quand ils le souhaitent et là où ils le désirent.

Des cartes au service d'un travail social, solidaire et humanitaire

 

Des cartes aux données libres peuvent donner des informations spécifiques et utiles pour un contexte local. Comment accéder aux points d'eau ? Comment trouver son chemin dans les pistes en terre d'un bidonville ? Les données cartographiques libres complètent les efforts des organisations humanitaires et permettent d'apporter de la stabilité économique dans des zones sous-développées.

Sans carte, il est presque impossible de comprendre les conditions de vie et la structure de l'habitat des gens qui vivent dans de vastes bidonvilles. Un projet a été lancé en 2009, visant à produire la première carte publique de Kibera. Kibera est l'un des plus grands bidonvilles d'Afrique, avec ses 200 000 résidents. Pourtant faute d'une cartographie rigoureuse, la réalité de ces conditions de vie n'apparaissait pas aux yeux étrangers. Pratiquement aucune information n'est disponible concernant l'assainissement, l'accès à l'eau potable, les cheminements et la structure de l'habitat.

Comment un tel ensemble peut-il rester si méconnu ? En partageant les outils de cartographie avec les résidents et en leur permettant de partager leur savoir avec d'autres, OpenStreetMap a donné un visage à Kibera, à la fois pour ses habitants et pour l'extérieur.

Le séisme catastrophique d'Haïti, dans les premières semaines de 2010, a obligé une multitude d'Haïtiens à s'abriter dans des campements de fortune, alors que les bâtiments publics, les routes et les maisons venaient d'être rayés de la carte. Cet évènement a donné l'occasion à des centaines de "cartographes de salon" de collaborer et de participer à l'effort d'assistance en utilisant les photographies aériennes établies après le tremblement de terre. Les humanitaires en charge des efforts d'assistance ont par la suite utilisé les données OpenStreetMap dans leurs comptes-rendus auprès des diverses agences afin d'apporter une aide rapide.

L'accès aux structures de santé et aux établissements médicaux, à une eau potable pure ainsi que les informations pour les déplacements ont pu être situés sur une carte, afin de permettre aux humanitaires de venir en aide à ceux qui en avaient le plus besoin. Le manque d'assainissement et le manque d'eau potable rendent les camps de réfugiés vulnérables aux problèmes sanitaires. Des données cartographiques libres aident les intervenants à rétablir la situation en éliminant les foyers de problèmes sanitaires qui peuvent apparaître dans ces camps.

Des lycéens qui apprennent à cartographier leurs quartiers

"Au fait, connaissez-vous votre pâté de maisons" C'est ce que le professeur de Red Bank, Tennessee a demandé à sept lycéens sans aucune expérience de cartographie ni d'usage de Systèmes d'Information Géographique (S.I.G.). Au fil des discussions, ils ont appris qu'ils ne savaient pas épeler ce O'Reilly (n'était-ce pas O'Reilly's d'ailleurs ?), ce vendeur de pièces auto du bout de la rue, et ne connaissaient pas plus l'emplacement exact du Shoney's (n'était-ce pas Shoneys d'ailleurs ?), le restaurant qui se trouve de l'autre côté de leur petite ville. Le groupe s'est très vite impliqué, intéressé à l'idée de pouvoir créer des cartes détaillées de leur ville natale.

Un des lycéens s'est empressé de cartographier l'ensemble des terrains de foot de sa ville. Un autre, amateur d'art et d'espaces verts s'est quant à lui concentré sur les parcs et les arbres, afin de mettre en valeur les beaux endroits de sa commune. Un professeur a constaté l'engouement pour la description des bâtiments (y compris les maisons des uns et des autres) tels que des pubs ... voire des bordels - ce qui a dû être immédiatement corrigé, avant que les professeurs puissent être mis en cause ou voir leurs compétences pédagogiques remises en question dans cette région assez conservatrice ! Au final, des résultats précis et détaillés, montrant chaque courbe de la piste de course à pied du lycée, et délimitant le terrain d’entraînement rectangulaire de la fanfare.

Le bouche-à-oreille a fait le reste, et l'année suivante, trente lycéens se sont inscrits. Un des lycéens est allé apprendre à des élèves de primaire comment de dessiner des cartes de leur entourage, sans omettre la place de stationnement du directeur ! Environ la moitié des élèves reçoit des aides telles que la cantine gratuite, donc les professeurs et l'école se doivent de fournir les besoins essentiels de la vie courante, ainsi que de permettre l'accès à des moyens technologiques qui ne sont pas disponibles à la maison. OpenStreetMap apporte de l'énergie et du bien-être en éveillant à la science et aux technologies dans les écoles, et peut aussi permettre aux étudiants de se connecter au reste du monde.

Tous ces aspects mis bout à bout forment une communauté qui génère et maintient les meilleures données cartographiques disponibles sur Internet. Nous espérons que vous trouverez OpenStreetMap intéressant dans votre travail. En suivant ce guide, vous devriez être rapidement capable de créer des cartes numériques et apporter vos propres contributions au projet OpenStreetMap.