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Sésamath : Mode d'emploi

Grand historique

Le découpage ci-dessous en cinq grandes périodes a pour objectif de cerner différentes étapes dans la vie de Sésamath. Il s'agit d'une lecture possible de l'évolution de l'association en s'appuyant en particulier sur deux crises importantes traversées par Sésamath (en 2005 et 2009). 

1998 - 31/10/2001 : Vers Sésamath

Fin 1998, l'utilisation d'Internet commence à se développer chez les enseignants. On voit en particulier apparaître les premières listes de discussion professionnelles, dont une liste de discussion sur l'enseignement des mathématiques. Ces listes sont l'occasion de partager des pratiques professionnelles, mais aussi d'échanger des documents pédagogiques et des fiches de cours créées par les enseignants eux-mêmes.

Les discussions par mail qui ont eu lieu entre, d'une part, Benoît Montessinos et Coralia Sarrey, créateurs du site de mutualisation « La Casemath » et, d'autre part, Sébastien et Katia Hache, auteurs du projet 6à3Math1, ont abouti à la décision de créer un premier site mutualiste rassemblant les ressources de plusieurs sites existants dont « Le coin des profs » de Rafael Lobato et « Mathsenligne »2  de Joël Negri : Mathadoc (Math à docs et Math ad hoc).  Ce site voit le jour en mars 20013.

Une discussion importante a alors lieu. Elle concerne le site « Mathsenligne ». Il s'agit en effet d'une production d'auteur extrêmement cohérente et couvrant toutes les parties du collège. Fallait-il « noyer » cette ressource dans un ensemble mutualiste plus large ou au contraire la garder à part ? C'est la seconde option qui l'emporte finalement.

Deux autres points sont à signaler, ils concernent le lien entre Sésamath et l'Institution :

  • L'IUFM (Institut de formation des maîtres) de l'académie de Lille avait mis en place un groupe de recherche concernant la production de ressources pédagogiques sur Internet (le groupe POPIM). C'est le premier soutien officiel des productions. La suite révéla que ce groupe était en fait très avant-gardiste et finalement assez libre dans ses choix.
  • Début 2001, Jean-Pierre Archambault contacte Sésamath. Il travaille alors au CNDP* (Centre National de Documentation Pédagogique) qui vient de réaliser une étude montrant que les enseignants préfèrent les sites de leurs collègues plutôt que les sites officiels. Jean-Pierre Archambault sensibilise pour la première fois l'association à la question des licences libres. Par ailleurs, il conseille de créer une association qui serait de fait l'interlocuteur privilégié de l'Institution.  

L'association Sésamath est officiellement créée le 31/10/2001.

2001 - Janvier 2005 : La mutualisation (Mathadoc), le travail coopératif (Mathenpoche) et les premières éditions.

Dès 2002, le site Mathenpoche fait ses premiers pas. Il s'agit d'une collection d'exercices interactifs auto-corrigés utilisables directement en ligne. Il n'existe pas à cette époque d'exercices de ce type directement utilisables par l'enseignant dans sa classe. On trouve bien des CD-Rom dans le commerce, mais ils sont plutôt conçus pour un usage autonome des élèves à la maison. Or, en 2002, l'équipement des collèges français en ordinateurs est de plus en plus important. Par ailleurs, l'utilisation d'exercices interactifs est particulièrement appréciée des élèves en difficulté. On retrouve donc des besoins importants à ce niveau, surtout dans les collèges situés en zone d'éducation prioritaire.

Le développement des exercices de Mathenpoche est une nouveauté dans Sésamath dans le sens où les contributeurs doivent avoir une formation de développeur en informatique. Dans un premier temps, il y a donc un important effort de co-formation des professeurs-développeurs et une nécessité de trouver des règles communes, tant en matière de modèle que d'organisation.

Très vite, en effet, l'ambition du projet est de couvrir l'ensemble des notions mathématiques abordées lors des années de collège : il s'agit d'un travail titanesque qui mobilise au total des milliers d'heures de travail. L'ampleur du projet et son côté systématique (couvrir tous les niveaux en un temps réduit) lui donnent très vite une grande popularité chez les enseignants déjà utilisateurs des technologies.

Parallèlement au développement des exercices eux-mêmes, une interface de suivi des résultats des élèves est mise en place : "Mathenpoche réseau". Cette approche est novatrice dans le sens où c'est Internet qui fait le réseau entre les élèves : ainsi un enseignant peut créer les séances de travail chez lui et les élèves peuvent, par exemple, poursuivre leur travail à la maison.

Il apparaît aussi que le travail de développement de Mathenpoche nécessite de trouver des moyens pour des développeurs engagés bien au-delà d'un bénévolat normal. Or, à cette époque, certaines collectivités (Conseil général de Seine et Marne) ou académies (académie de Lille) souhaitent justement développer la création de ressources libres, notamment pour créer des usages pédagogiques dans des salles informatiques équipées à grands frais, mais largement sous-utilisées. Se met donc en place le financement public des acteurs d'un des projets de Sésamath, portant en germe la crise de 2009.

Cette période se caractérise également par la fédération autour de Sésamath de projets préexistants : Dsthèque, les mathématiques.net, Amicollège, dmaths, Doc Geo... Ces projets sont en général portés par une ou deux personnes. Pour les auteurs des projets, faire partie de Sésamath est une garantie d'avoir accès à un grand nombre d'utilisateurs potentiels. Pour Sésamath, il s'agit ainsi d'augmenter l'attrait de l'ensemble tout en cherchant systématiquement les synergies entre les projets : par exemple, certains projets-outils servent directement à d'autres. Cette forte période de croissance avec extensions externes questionne sur la cohérence de l'ensemble : comment faire passer les auteurs des sites d'une logique très individualiste à une logique collective fondée sur des valeurs communes ? Et quelles sont ces valeurs communes ? Cette période est propice à de nombreuses réflexions de fond : Sésamath, est-ce juste un anneau de sites fédérés ou plus que cela ?

En septembre 2002, deux cahiers d'exercices sont édités par le CRDP (Centre Régional de Documentation Pédagogique) de Lille en partenariat avec Sésamath. Ces deux cahiers d'exercices sont directement issus du site Mathsenligne de Joel Négri (ils en portent d'ailleurs le nom). Normalement, le service public d'édition (réseau CNDP dont font partie les CRDP) n'édite pas de ressources à destination des élèves. Exception est faite pour cette publication qui n'a par ailleurs pas de concurrents directs dans l'édition privée (il n'y avait à l'époque de cahiers d'exercices que dans le premier degré). Cette édition reste globalement assez personnelle.

En dehors de Joel Négri, seule une personne travaille aux relectures et améliorations (Katia Hache). Joel Négri est rétribué pour ce travail en tant qu'auteur par le CRDP (conformément à leur politique habituelle). Par ailleurs, Sésamath, qui joue ici surtout un rôle de promoteur du cahier via ses sites, touche des royalties sur chaque cahier vendu. Au final, plus de 200 000 cahiers Mathsenligne seront ainsi vendus, constituant un premier succès éditorial et permettant à Sésamath d'obtenir des moyens pour financer les rencontres de ses membres.

En octobre 2003, Sésamath est invité à une réunion officielle organisée par le ministère de l'Éducation en France. Le travail de l'association est présenté aux personnes présentes avec notamment des Inspecteurs généraux. Le ministère témoigne ainsi de son intérêt pour le phénomène émergent de Sésamath, tout en envoyant un message très particulier : "ce n'est pas aux enseignants à créer des ressources pour l'enseignement des Mathématiques : il y a des professionnels pour cela". Cette prise de position donne lieu à des débats internes sur la façon pour Sésamath de se positionner par rapport à une Institution visiblement très frileuse.

Sésamath formule une demande de moyens (en temps de décharge pour les enseignants) qui est refusée par le ministère. Dès lors, un sentiment prédomine : il faudra s'en sortir par soi-même, sans aide et même, sans doutes, avec une sorte d'hostilité latente.

Le site Mathadoc poursuit son développement et s'étoffe progressivement. Une partie lycée s'ajoute à la partie collège. La partie pédagogique se structure avec des responsables de niveaux. La partie technique du site fait l'objet d'un travail coopératif au niveau de webmestres : en particulier, Mathadoc est le premier site de Sésamath à être développé en PHP.

Très vite, des milliers de documents (essentiellement au format Word) sont mutualisés. Mathadoc est un peu la caverne d'Alibaba des Maths : on y trouve une très grande diversité, mais avec son revers : une grande hétérogénéité des contenus et des redondances de plus en plus marquées. Ce sont les limites d'une mutualisation sans véritable ligne éditoriale.

En janvier 2005, Sésamath traverse une crise profonde caractérisée par une AG assez houleuse et de nombreux débats internes (sur les listes et sur un forum dédié). Cette crise aboutit à de nouveaux statuts, une nouvelle charte et une volonté d'entrer radicalement dans le travail collaboratif. En particulier, le projet Mathadoc est gelé et sorti des projets de Sésamath, de même que le projet Mathsenligne (même si les ressources sont toujours diffusées par l'association). L'idée alors fortement partagée est qu'il devient nécessaire d'avoir des lignes éditoriales cohérentes et qu'il n'est plus possible de poursuivre une mutualisation jugée pléthorique.

Janvier 2005 - Août 2009 :  Essor du travail collaboratif (Les manuels et cahiers)

De nouveaux programmes sont annoncés au collège pour la rentrée de 2006 en commençant par l'année de sixième, puis année par année pour les autres niveaux scolaires. Joël Négri refuse de mettre à jour les cahiers Mathsenligne et refuse également que d'autres personnes s'en chargent. Noël Debarle impulse alors l'idée de créer une nouvelle collection de cahiers : les cahiers "Mathenpoche". En effet, le concept est alors de créer sur papier des exercices qui seraient complémentaires aux exercices interactifs de Mathenpoche, induisant une nouvelle logique qui sera reprise tout au long de l'histoire de Sésamath : le papier est une sorte de produit dérivé du numérique.

La création de ces nouveaux cahiers s'inscrit aussi à la suite de l'expérience de Mathadoc : ne plus empiler des documents épars sans logique éditoriale mais commencer, au contraire, par définir cette logique, puis faire en sorte que chacun des participants puisse donner son avis et partager son expérience avec les autres. L'enjeu est donc bien d'initier un véritable travail collaboratif.

Par ailleurs, la réflexion est intense concernant les formats et les licences. Word est ainsi abandonné au profit du logiciel libre Open Office, et une licence libre est choisie pour accompagner ces publications (tout d'abord, Gnu FDL puis CCbySa). Un outil est développé spécifiquement pour accompagner cette création collaborative : "l'interface collaborative" faite sur mesure par Arnaud Rommens. Cette expérience est un succès dans Sésamath. C'est aussi un succès éditorial. En effet, l'éditeur de logiciels et d'applications Génération5 qui avait déjà produit des CD Mathenpoche sous licence libre avec Sésamath décide de tenter l'expérience de ces premiers cahiers d'exercices libres (il s'agit alors de sa première publication papier).

À cette époque, tout doit être mis en place en partant de pratiquement rien : la façon de procéder, les types de contrats, l'estimation de la redevance, la répartition des tâches avec l'éditeur dans une configuration nouvelle.

L'année suivante, Sébastien Hache propose l'idée de créer sur la même modèle le premier manuel scolaire Sésamath (donc pour le niveau cinquième). Au début, l'idée est accueillie avec beaucoup de scepticisme, tant la réalisation d'un manuel est considérée comme étant une montagne infranchissable. Beaucoup de membres finissent par adhérer à ce défi, avec l'idée de faire un manuel qui n'existe pas encore, qui sera entièrement modifiable par les collègues et qui fera la part belle aux nouvelles technologies (sorte de cheval de Troie : se servir de papier pour introduire les TICE).

Pour la rentrée 2007, un défi majeur s'annonce donc : créer à la fois un cahier d'exercices en cinquième et un manuel scolaire complet, en partant de rien ou presque rien. Nombre d'éditeurs pensent alors que cette démarche est impossible et c'est avec beaucoup d'étonnement que le monde de l'édition scolaire voit arriver cet ovni : concurrencé par 12 autres manuels, peu lui prédisent le succès de cette première édition : 70 000 manuels vendus soit plus de 12% des ventes (alors même que seuls 3000 spécimens avaient été envoyés dans les établissements). C'est une déflagration dans le monde de l'édition. C'est aussi le début d'un gigantesque travail pour les bénévoles de Sésamath : reproduire chaque année l'exploit (2008 en 4e, 2009 en 3e, 2010 en 6e...). À noter que ces manuels papiers s'accompagnent nativement de compléments numériques qui mobilisent eux aussi des équipes entières de Sésamath : rédiger les corrigés, construire les fichiers tableur ou de géométrie dynamique complémentaire, faire les constructions animées... bientôt ces chantiers engloutissent plus de la moitié de l'énergie totale dans Sésamath. 

Dès son origine, la question d'une extension à d'autres disciplines est posée à Sésamath. Cette question rebondit de façon naturelle en septembre 2008 avec une rencontre inter-associatives (Sésamath, Weblettres pour le Français, et les Clionautes en Histoire-Géographie) autour de la mutualisation, du travail coopératif et du travail collaboratif. Cette rencontre qui a lieu à l’École Normale Supérieure est le point d'orgue de discussions inter-associatives dont l'objectif est de partager l'expérience et d'essayer d'initier des projets communs.

Deux projets sont retenus : la création de livrets TICE dans les 3 disciplines (ouvrages dédiés à l'utilisation des TICE en classe) et la création du site Capbrevet, à destination des élèves de troisième qui passent le brevet des collèges en France et permettant à ceux-ci de pouvoir réviser en un même lieu les trois disciplines. Ces deux projets sont effectivement initiés, mais sans parvenir à atteindre leurs objectifs. Cela est en particulier dû à un manque de forces disponibles dans chaque association (y compris Sésamath), mais aussi à des différences dans le stade d'évolution des trois structures et des choix différents (par exemple concernant les ressources libres). Enfin, il y a une vraie difficulté liée à la différence d'approche des disciplines qui nécessite des aménagements importants des façons de faire : à l'époque, le recul disponible pour dépasser ces difficultés n'existait dans aucune des structures concernées.

L'accroissement du périmètre de Sésamath et l'augmentation de ses recettes grâce à la vente des manuels permet d'envisager en 2007 de salarier un membre à temps complet (cette année là, il n'était pas encore possible dans l’Éducation nationale de cumuler un mi-temps avec un autre dans Sésamath). L'idée est alors de dégager du temps aux membres les plus investis, reconstituant ainsi artificiellement les décharges de service refusées par le ministère. Par ailleurs, bien que contraignante à certains égards, la mise en disponibilité d'un enseignant permet d'envisager sereinement un retour à l'enseignement au bout d'un an si l'expérience n'est pas concluante. Pour la rentrée 2008, les moyens augmentant, d'autres salariés sont recrutés parmi les membres (après appel sur la liste des membres), en privilégiant des mi-temps afin de conserver la spécificité des enseignants en exercice. Beaucoup de questions se posent alors sur la façon de rémunérer ces enseignants de la façon la plus juste, aboutissant en partie à la crise de 2009.

Face à la montée très importante des utilisateurs inscrits, des visites sur les sites... Sésamath s'intéresse de près à la question des usagers et des usages. Cela se traduit en particulier par l'émergence de deux projets. Le premier, MathémaTICE, a pour premier objectif de donner la parole aux utilisateurs des ressources de Sésamath et plus généralement à tous les enseignants de Mathématiques qui utilisent les technologies.

Le second est le site Sésaprof. Ce site a plusieurs objectifs, dont celui d'être une porte d'entrée unique pour l'identification des enseignants (pour avoir accès à des ressources sensibles comme les corrigés, par exemple). Mais l'objectif de Sésamath est aussi et surtout de permettre la mise en place de communautés décentralisées. L'idée est de faire en sorte que les enseignants puissent discuter de leurs pratiques et se regrouper par centres d'intérêt. À l'usage, cela se révèle trop ambitieux. L'animation de telles communautés nécessite en effet un temps et une expérience dont Sésamath ne dispose pas. 

Des outils spécifiques : Tracenpoche, Casenpoche, Instrumenpoche sont créés. Ils permettent d'imaginer de nouveaux exercices interactifs et d'obtenir une collection intégrée d'outils pour l'enseignement des Mathématiques (tableau, géométrie dynamique...).

Le projet Mathenpoche se termine progressivement pendant cette période. Le succès se confirme auprès des utilisateurs. La question du financement de Mathenpoche devient vive dans Sésamath : elle pose la question de ce qui relève du bénévolat et du reste, particulièrement en ce qui concerne les dirigeants de l'association. Cette question se complique de celle des salariés. En particulier, Sésamath accepte-t-elle que des salariés puissent être à plein temps dans l'Education nationale et toucher par ailleurs un salaire de Sésamath ? En 2009, les débats sont très vifs à ce sujet. Plusieurs questions sont tranchées lors de l'assemblée générale ou par des votes à distance, permettant d'affirmer certains principes. Premièrement, les dirigeants seront intégralement bénévoles (important pour le statut fiscal de l'association), deuxièmement, le principe du cumul strict est affirmé (Sésamath compense à un salarié sa perte de salaire dans l'Éducation Nationale), enfin le bénévolat concernant les projets de Sésamath est réaffirmé, ce qui conduit à distinguer plusieurs types de projets (d'où la création d'une charte). La profession de foi de Sésamath est également issue de cette période de réflexion sur le sens et l'action de l'association.

2009 - 2012 :  Mise à jour des productions et des outils.

L'épopée des premiers manuels est terminée. Il s'agit dans cette période d'un tout autre exercice : améliorer qualitativement les ressources existantes et continuer de les faire évoluer. Le défi n'est pas de même nature et ne concerne pas nécessairement les mêmes personnes. La collection complète des cahiers et des manuels est reprise en l'espace de quatre ans. L'amélioration qualitative est manifeste, mais se révèle beaucoup moins mobilisatrice que la création de nouvelles ressources. Cette mise à jour est souvent vue comme une contrainte, en partie dictée par des demandes d'utilisateurs qui ne se rendent pas nécessairement compte des contraintes exercées sur les projets. De la même manière, les manuels numériques sont entièrement repris d'un point de vue technique. Ces nouveaux manuels et cahiers numériques, entièrement consultables en ligne, constituent une vraie avancée pour les utilisateurs, mais demandent une maintenance extrêmement importante, de plus en plus assurée directement voire exclusivement par les salariés de l'association. En l'espace de quatre ans, ce nouveau défi est relevé, mais ajoute une fatigue importante à celle déjà accumulée les années précédentes, et avec une relève restreinte : en effet, il est de plus en plus difficile pour quelqu'un d'extérieur d'entrer dans un projet devenu complexe et optimisant sans cesse la qualité.

Un autre chantier d'importance se révèle : celui de la mise à jour des outils et des plates-formes numériques. Cette mise à jour est rendue nécessaire par l'évolution des usages ( la montée en charge par exemple) et surtout par les évolutions techniques extérieures à Sésamath (nouveaux supports, tablettes, téléphones, évolutions technologiques des outils de développement Web). Ces mises à jour sont difficiles et périlleuses. Difficiles, car les outils n'ont pas nécessairement été pensés à la base avec suffisamment de souplesse, et que leur évolution demande aussi une formation des développeurs. Périlleuses, car elles se font dans un contexte de montée en puissance des usages pédagogiques réclamant une sécurisation des usagers (quand l'outil ne fonctionne pas pour un enseignant face à ses élèves, cela peut vite devenir très inconfortable). En particulier, la technologie Flash qui avait le mérite de fonctionner sur tous les navigateurs à l'époque du lancement de Mathenpoche ne l'est plus maintenant. Elle doit être remplacée par une autre : c'est le point de départ du lancement du projet J3P qui au final ira beaucoup plus loin en terme d'avancées, y compris pédagogiques. L'outil Mathenpoche Réseau est également repris intégralement pour donner naissance à un nouvel outil : Labomep (Laboratoire Mathenpoche), intégrant au passage la dimension laboratoire née des extensions outils de Mathenpoche.

Parallèlement, la prise en compte des usagers et des usages se poursuit. En particulier, un nouveau site est lancé en 2009 : Kidimath pour l'accompagnement à la scolarité, donc destiné directement et exclusivement aux élèves et à leurs parents. En 2010, pour des questions de notoriété liée à la marque, le site Kidimath reprendra le nom de Mathenpoche. Un nouveau projet est également lancé : Mutuamath, avec l'idée de reprendre le concept de Mathadoc dans un nouveau contexte technologique permettant aux utilisateurs de hiérarchiser les ressources eux-mêmes, mais surtout d'avoir accès à leur cycle de vie. L'idée est donc aussi de rendre le processus de création plus ouvert et accessible à l'utilisateur. Il faut noter également la montée en puissance d'un autre projet, "Sacoche", initié par Thomas Crespin, directement en prise avec une évolution pédagogique constatée en France : celle qui consiste à déterminer et s'appuyer sur les compétences des élèves.

2012- ... : Les extensions (primaire, lycée, francophonie).

Il manque évidemment le recul nécessaire pour analyser la tendance de la période la plus proche. On peut cependant noter qu'elle s'inscrit dans une ouverture plus large concernant les niveaux scolaires en France (création d'un cahier d'exercices en CM2, donc à l'école ou un manuel en seconde, donc au lycée). Cette ouverture est cohérente avec l'évolution d'outils comme J3P et Labomep qui permettent de suivre plus finement le parcours des élèves : ces parcours ne s'arrêtent pas aux cycles et barrières scolaires, il y a même souvent un grand intérêt à les dépasser.

A propos de l'ouverture à la Francophonie, c'est une question qui a été débattue dès les premières années de Sésamath. Le contexte international ayant évolué (déclaration des REL à l'UNESCO...) la question d'une co-création de ressources à l'échelle francophone se pose assez naturellement. En particulier, une première réunion rassemblant six pays francophones autour de Sésamath s'est tenue à Agadir en Septembre 2013 grâce à l'OIF (Organisation Internationale de la Francophonie).

  1. 6à3Math était un ensemble de fiches pédagogiques (cours, exercices...) sous Microsoft Word reliée par des liens hypertextes.^
  2. http://mathsenligne.net/^
  3. Site archivé : http://mathadoc.sesamath.net/^